Projet grainothèque aka Le plan lose

Seed bank / Eddie Wong (CC BY-NC-ND) via Flickr

Seed bank / Eddie Wong (CC BY-NC-ND) via Flickr

Dans la catégorie « idée pour diversifier son offre et se rapprocher de son public », je vous présente le projet grainothèque.
Chaque année, le département Préparation à la Vie Professionnelle de la faculté de Sciences Fondamentales et Appliquées sollicite les composantes de l’Université pour lui suggérer des projets à mener par les étudiants de L3.

Les grainothèques se développaient timidement en France, certes plutôt en bibliothèques municipales, et la responsable-adjointe de la BU et moi-même aimions bien le concept. On ne trouvait pas absurde de le proposer en BU en complément d’un fonds en biologie végétale (ou botanique si vous préférez).

Hors de question bien évidemment d’y consacrer un budget et du temps, ça ne pouvait pas s’inscrire dans les missions prioritaires de la BU. En revanche, on pouvait faire d’une pierre deux coups en saisissant l’occasion de travailler en collaboration avec des enseignants et des étudiants, avec lesquels nous éprouvons tant de mal à établir des relations durables. Nous avons consulté les enseignants en biologie végétale, qui se sont montrés très enthousiastes.
En tant que responsable du fonds SV-STU (Sciences du vivant-Sciences de la terre et de l’univers), j’ai donc proposé au département de la faculté un projet « grainothèque » que deux étudiants ont sélectionné. Les groupes devaient être d’un minimum de trois, c’est passé quand même, mais c’était sans doute trop juste pour générer une dynamique suffisante dans le groupe, surtout avec deux étudiants qui n’étaient pas de la même formation et ne se connaissaient pas au préalable.

Il a été convenu que ce projet serait co-encadré par moi-même en qualité de commanditaire et une enseignante en biologie végétale pour l’expertise pédagogique et technique. J’ai pu constater assez rapidement que les étudiants s’étaient lancé dans le projet sans avoir lu la fiche fournie, et donc sans avoir consulté a minima les trois articles proposés en source.

archive_w_7295 / Aureusbay (CC BY-NC), via Flickr

archive_w_7295 / Aureusbay (CC BY-NC), via Flickr

J’ai déjà ruiné le suspense dans le titre, autant conclure rapidement : fiasco. Le travail des étudiants n’a pas répondu à nos attentes et nous n’avons pas pu l’exploiter.
L’expérience m’aura fait réfléchir sur le rôle d’encadrant dans un projet : où fixer la limite à l’autonomie de l’équipe ? Comment gérer une équipe qui, par négligence, arrogance ou désaccord, ignore les consignes données ?
Quand on s’engage dans ce type de collaboration, il faut aussi anticiper les possibles impacts sur d’autres services (informatiques, patrimoine, espaces verts…), susceptibles d’être sollicités (voire importunés) par des étudiants qui n’ont pas toujours conscience des implications de leurs requêtes. Le plus prudent est d’imposer aux étudiants de valider toute démarche auprès d’un autre service avant de l’entreprendre !

Les +

La collaboration avec l’enseignante co-tutrice du projet a été très enrichissante. Nous nous sommes rencontrées dans ses locaux puis dans les miens, l’occasion pour elle de revenir à la BU qu’elle avait connu étudiante et qu’elle découvrait sous un tout nouveau jour.
Finie l’imposante banque de prêt qui vous intimidait dès l’entrée, fini le découpage de l’espace en petits espaces sombres, finie la bibliothécaire revêche qui vous accueillait d’un oeil noir, finis les vieux grimoires poussiéreux… Elle découvrait que la BU était devenu un lieu accueillant, lumineux, et découvrait aussi à cette occasion que le rayon botanique contenait des ouvrages tout à fait satisfaisants pour la communauté universitaire, de la L1 à la recherche. Comme dans la bibliothèque qu’elle gérait à la faculté.

L’occasion aussi de discuter de cette petite bibliothèque de proximité donc nous avions eu vent, utilisée principalement par les étudiants préparant le CAPES. Le département dépense une partie de son budget pour acheter des livres que le SCD achète aussi et met à disposition de tous. Au moins une enseignante consacre également de son temps d’enseignante à acheter ces livres et gérer une mini-bibliothèque. Et ce principalement par ignorance de ce que fait et offre le SCD. Un grand classique, mais c’est toujours profitable d’avoir l’occasion d’en discuter.

Autres exemples de collaboration avec enseignants/étudiants/autres services

Daim vulgaire ou Tigre de l'amour / allenlebarge (CC BY-NC-ND), via Flickr

Daim vulgaire ou Tigre de l’amour / allenlebarge (CC BY-NC-ND), via Flickr

Fort heureusement, d’autres expériences se sont révélées beaucoup plus profitables pour la BU.
Lorsque j’étais responsable de ce fonds SV-STU, j’ai également répondu à l’appel du Master esDoc pour confier à un groupe de trois étudiants en M2 mes collections de biologie animale (zoologie, si vous préférez). Je manquais de temps pour faire une analyse en profondeur du fonds, le désherber et le regarnir en cohérence avec les besoins de son public, quel qu’il soit. Les étudiants de Master se sont révélés très efficaces et ont en quelques mois mené une enquête auprès des étudiants, se sont entretenus avec des enseignants, ont fait une analyse du fonds et m’ont remis un rapport qui allait permettre de redynamiser ce fonds un peu négligé.

plan BU UPDe son côté Anne Guégan, adjointe au responsable de la BU et également responsable du fonds informatique, a confié à un groupe d’étudiant le développement d’une appli pour le site web. Ils ont créé « plan BU » qui permet de se repérer dans les rayons de la bibliothèque. Testez-le !
On peut chercher par mot-clé ou par menus déroulants. Tapez « volcans » ou « web » pour voir, vous saurez où trouver les livres sur ce thème à la BU Sciences de l’Université de Poitiers (ça vous fera une belle jambe, mais vous pourrez admirer l’outil).
Anne a également travaillé avec les services informatiques et les enseignants du domaine pour accueillir depuis deux ans un challenge de programmation informatique qui fonctionne très bien.

D’autres collaborations ont pris de façon plus classique la forme de cours de recherche documentaire intégrés dans les maquettes.

Et vous, comment collaborez-vous avec les enseignants / exploitez-vous les étudiants au profit de la BU ?

Catalogueur désespéré, catalogueur inspiré (Life after MARC?)

Pour faire profiter les non abonnés à la liste de diffusion [BIBFRAME] des facéties de nos collègues américains, je diffuse ici le tout récent « Life after MARC? ». Et pour les non-francophones, j’ajoute une traduction maison des paroles.

BIBFRAME n’est pas (encore?) au coeur des préoccupations dans nos services de catalogage, mais ce n’est rien de dire que ça ne fait pas l’unanimité outre-Atlantique !

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Oral de culture gé (bibliothécaire interne)

Thumbs up / Sara Reid (CC BY), via Flickr

Thumbs up / Sara Reid (CC BY), via Flickr

En mai dernier, me voici donc admissible pour la seconde fois à l’oral du concours de bibliothécaire en interne.
Après avoir sué sang et eau pour renvoyer dans les temps mon dossier RAEP en 5 exemplaires (n’attendez pas les résultats de l’écrit pour vous y mettre, c’est trèèèèès long!), je reçois ma convocation pour les deux épreuves. Le même jour, avec culture gé le matin et motivation pro l’après-midi. La même configuration que deux ans plus tôt.

Accès direct au sujet et aux questions : c’est par ici !

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Étude de cas : coulisses d’une épreuve

Entrez sans sonner, par Michele M.F. (CC BY-SA), via Flickr

Entrez sans sonner, par Michele M.F. (CC BY-SA), via Flickr

En février dernier, je planchais sur l’épreuve unique d’admissibilité au concours de bibliothécaire d’État en interne, à savoir l’étude de cas. J’ai raconté l’épreuve à chaud dans un premier billet, Concours bibliothécaire interne 2015 : jamais 2 sans 3.
Impossible d’entrer dans les détails à ce moment, je ne pouvais pas prendre le risque qu’un correcteur tombe sur mon blog et puisse identifier ma copie (une chance sur xxxxxxx, mais bon…).

Voici un second billet à J+4 mois, maintenant que je sais que mon devoir m’a non seulement permis d’être admissible, mais m’avait même assuré pas mal de points d’avance.
Je propose ici de partager ma manière d’aborder l’épreuve et d’entrer dans l’intimité du concours à mes côtés. Lire la suite

RIMMFons gaiement

By Razvan Orendovici from United States (Pattee Library Catalogs) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

By Razvan Orendovici from United States (Pattee Library Catalogs) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)%5D, via Wikimedia Commons

Le RIMMF est top tendance outre-Atlantique et le devient outre-Manche. Mais qu’est-ce que c’est donc que ce truc?
RIMMF veut dire « RDA in Many Metadata Formats », ce que je traduirais par « RDA dans de multiples formats de métadonnées ».
Le RIMMF est en fait une application qui permet de s’entraîner au catalogage en RDA, et donc à la manipulation du modèle FRBR, sans être assujetti au format MARC. Cerise sur le gâteau, il permet une visualisation de ces données de catalogage dans un contexte web de données. Autrement dit, avec le RIMMF on va créer des données ET chercher à les intégrer dans un environnement Web plus large.

Si on en croit de nombreux retours de stagiaires, les formations dispensées en France dans le cadre du groupe national pour la transition bibliographique sont souvent jugées trop théoriques. Il faudrait pouvoir pratiquer pour comprendre.
Devrions-nous RIMMFer nous aussi ?

J’ai voulu tester l’outil pour voir s’il valait le coup de s’y intéresser plus sérieusement et si nous pourrions nous en servir dans le cadre d’ateliers en France, avec l’idée que ça pourrait être utile pour bien comprendre le modèle FRBR, la structure du code de catalogage RDA, et le lien avec le web de données.
Même si, rappelons-le, nous avons préféré en France une transition bibliographique douce à un changement radical pour RDA.

Au sommaire :

  1. Eléments de vocabulaire pour comprendre le RIMMF
  2. De quoi a-t-on besoin pour RIMMFer aujourd’hui ?
  3. Test rapide
  4. Utiliser le RIMMF en France ?
    1. Peut-on dupliquer le RIMMF pour en faire une version française ?
    2. Peut-on utiliser le RIMMF si on n’a pas accès au RDA Toolkit ?
    3. Organiser un French Jane-athon ?
  5. Conclusion
  6. Sources

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Chicago et la bibliothécaire « intégrée »

Chicago vue du ciel, par E. Liard (CC BY)

Chicago vue du ciel

Aventurière de l’extrême, je me suis rendue en mai 2013 aux Etats-Unis, comme ça, pour des vacances. Et comme souvent avant d’être vraiment en vacances, je n’imaginais pas qu’une fois loin du boulot je n’aurais plus envie d’approcher une bibliothèque à moins de 100 mètres. J’avais beau être bibliodéconnectée une fois sur place, j’avais pris rendez-vous, je ne pouvais plus me désister. D’où le bibliotourisme à Chicago.

Sommaire :
  1. L’annuaire international des bibliothécaires couch-surfers
  2. La BU santé de l’Université de l’Illinois : une bib lambda
  3. Rencontre avec une liaison subject reference faculty embedded librarian (what???)
  4. Etre « super bibliothécaire liaison » ou carrément « bibliothécaire intégré(e) »
  5. Références bibliographiques à creuser
  6. En savoir plus sur Chicago : culture et architecture

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Concours bibliothécaire interne 2015 : jamais 2 sans 3

Zombies / Sr. X (CC BY-NC-ND), via Flickr

Zombies / Sr. X (CC BY-NC-ND), via Flickr

Hum, cette envie de se rouler en boule sous la couette en sortant de l’épreuve…
Pourtant j’avais le moral remonté à bloc en me rendant au centre d’examen hier matin. Les amis m’avaient prodigué de bons conseils « feel good », et, surtout, j’avais pu la veille faire la grasse mat’, à l’issue de laquelle on (soit-il béni sur 12 générations) m’avait apporté un petit déj’ au lit.
Cela vaut toujours le coup de s’accorder du temps la veille d’un concours pour avoir la patate le jour J.
J’étais en forme, donc, ce qui est toujours une bonne chose, mais ça ne m’a pas empêchée de sortir lessivée de l’épreuve.

Il faut dire que le sujet de l’étude de cas du concours interne de bibliothécaire d’État avait de quoi inspirer et motiver !

C’est parti, Kiki. Lire la suite