Projet grainothèque aka Le plan lose

Dans la catégorie « idée pour diversifier son offre et se rapprocher de son public », je vous présente le projet « grainothèque ».

Sommaire
  1. Projet « grainothèque » : l’occasion pour la BU Sciences de travailler avec la faculté
  2. La démarche : objectifs et modalités
  3. Un flop instructif
  4. Une expérience somme toute positive
  5. Autres exemples de collaboration avec enseignants/étudiants/autres services
    1. Confier l’analyse d’un segment de collection à des étudiants de Master documentation
    2. Développer une appli pour la BU avec des étudiants en informatique
    3. Accueillir et/ou co-organiser un événement conçu par des enseignants

Projet « grainothèque » : l’occasion pour la BU Sciences de travailler avec la faculté

Seed bank / Eddie Wong (CC BY-NC-ND) via Flickr

Seed bank / Eddie Wong (CC BY-NC-ND) via Flickr

Chaque année, le département Préparation à la Vie Professionnelle de la faculté de Sciences Fondamentales et Appliquées sollicite les composantes de l’Université pour lui suggérer des projets à mener par les étudiants de L3.

Les grainothèques se développaient timidement en France, certes plutôt en bibliothèques municipales, et la responsable-adjointe de la BU et moi-même aimions bien le concept. On ne trouvait pas absurde de le proposer en BU en complément d’un fonds en biologie végétale (ou botanique si vous préférez).

Hors de question bien évidemment d’y consacrer un budget et du temps, ça ne pouvait pas s’inscrire dans les missions prioritaires de la BU. En revanche, on pouvait faire d’une pierre deux coups en saisissant l’occasion de travailler en collaboration avec des enseignants et des étudiants, avec lesquels nous éprouvons tant de mal à établir des relations durables. Nous avons consulté les enseignants en biologie végétale, qui se sont montrés très enthousiastes.

La démarche : objectifs et modalités

[Edit du 28/09/16
Objectifs de la démarche, donc :

  1. étudier la faisabilité d’un projet intéressant mais non-prioritaire sans y consacrer beaucoup d’énergie / de temps ;
  2. utiliser le prétexte « grainothèque » pour nouer des relations avec un département de l’une de nos facultés ;
  3. s’assurer en impliquant des étudiants que ce nouveau service aurait des chances de marcher auprès de ce public.]

En tant que responsable du fonds SV-STU (Sciences du vivant-Sciences de la terre et de l’univers), j’ai donc proposé au département de la faculté un projet « grainothèque » que deux étudiants ont sélectionné. Les groupes devaient être d’un minimum de trois, c’est passé quand même, mais c’était sans doute trop juste pour générer une dynamique suffisante dans le groupe, surtout avec deux étudiants qui n’étaient pas de la même formation et ne se connaissaient pas au préalable.

Il a été convenu que ce projet serait co-encadré par moi-même en qualité de commanditaire et une enseignante en biologie végétale pour l’expertise pédagogique et technique. J’ai pu constater assez rapidement que les étudiants s’étaient lancés dans le projet sans avoir lu la fiche fournie, et donc sans avoir consulté a minima les trois articles proposés en source.

Un flop instructif

archive_w_7295 / Aureusbay (CC BY-NC), via Flickr

archive_w_7295 / Aureusbay (CC BY-NC), via Flickr

J’ai déjà ruiné le suspense dans le titre, autant conclure rapidement : fiasco. Le travail des étudiants n’a pas répondu à nos attentes et nous n’avons pas pu l’exploiter. Nous avons donc renoncé à mettre ce projet en oeuvre.

L’expérience m’aura fait réfléchir sur le rôle d’encadrant dans un projet : où fixer la limite à l’autonomie de l’équipe ? Comment gérer une équipe qui, par négligence, arrogance ou désaccord, ignore les consignes données ?
Quand on s’engage dans ce type de collaboration, il faut aussi anticiper les possibles impacts sur d’autres services (informatiques, patrimoine, espaces verts…), susceptibles d’être sollicités (voire importunés) par des étudiants qui n’ont pas toujours conscience des implications de leurs requêtes.
Le plus prudent est d’imposer aux étudiants de valider toute démarche auprès d’un autre service avant de l’entreprendre !

[Edit du 26/09/16
Quelques précisions à la demande générale d’un collègue.
J’ajoute un questionnement essentiel qui explique aussi mon échec : dans le cadre d’un travail avec des étudiants, comment distinguer ses besoins de commanditaire et son rôle pédagogique – d’autant plus qu’on n’est pas prof ?
J’ai ainsi volontairement fait de la rétention d’information au début du projet en partant du principe qu’il fallait que les étudiants cherchent par eux-mêmes, à la fois pour remplir l’objectif pédagogique du projet, et pour m’assurer qu’ils seraient libres de nous apporter des idées auxquelles nous n’aurions pas pensé. J’ai bien tendu des perches au fur et à mesure pour les recadrer, mais sans effet, ils s’étaient déjà engouffrés sur de mauvaises pistes.
Le projet en collaboration avec des étudiants était prévu sur deux ans, comme l’indique la fiche descriptive que j’avais fournie. La partie confiée au premier groupe était sans doute trop ambitieuse. Rétrospectivement, il eut peut-être été plus intelligent de leur fournir tous les éléments de réflexion que nous avions compilés et d’axer leur travail sur la réalisation du projet tel que nous l’avions déjà imaginé, plutôt que d’attendre d’eux qu’ils surpassent nos espérances.

Ce n’est donc pas tant l’idée d’une grainothèque en BU qui s’est avérée absurde ou inenvisageable à l’issue de ce travail, mais nous sommes restées au point mort faute d’éléments suffisants pour passer au stade de la réalisation.
L’enseignante était toujours motivée pour poursuivre notre collaboration avec un nouveau groupe d’étudiants, nous aurions donc pu refaire un essai l’année suivante. Mais je suis partie de Poitiers pour voguer vers de nouveaux horizons et ma successeuse avait évidemment d’autres chats à fouetter en reprenant le fonds SV-STU.

L’objet de ce post n’est donc pas de décourager d’autres BU de tenter l’expérience grainothèque ou encadrement d’étudiants, mais au contraire d’encourager chacun à saisir toutes les opportunités de collaboration avec des collègues d’autres structures au sein de l’Université. Même si au final ça ne se passe pas toujours aussi bien qu’on le voudrait, ça vaut le coup.]

Une expérience somme toute positive

La collaboration avec l’enseignante co-tutrice du projet a été très enrichissante. Nous nous sommes rencontrées dans ses locaux puis dans les miens, l’occasion pour elle de revenir à la BU qu’elle avait connu étudiante et qu’elle découvrait sous un tout nouveau jour.
Finie l’imposante banque de prêt qui vous intimidait dès l’entrée, fini le découpage de l’espace en petits espaces sombres, finie la bibliothécaire revêche qui vous accueillait d’un oeil noir, finis les vieux grimoires poussiéreux… Elle découvrait que la BU était devenu un lieu accueillant, lumineux, et découvrait aussi à cette occasion que le rayon botanique contenait des ouvrages tout à fait satisfaisants pour la communauté universitaire, de la L1 à la recherche. Comme dans la bibliothèque qu’elle gérait à la faculté.

L’occasion aussi de discuter de cette petite bibliothèque de proximité donc nous avions eu vent, utilisée principalement par les étudiants préparant le CAPES. Le département dépense une partie de son budget pour acheter des livres que le SCD achète aussi et met à disposition de tous. Au moins une enseignante consacre également de son temps d’enseignante à acheter ces livres et gérer une mini-bibliothèque. Et ce principalement par ignorance de ce que fait et offre le SCD. Un grand classique, mais c’est toujours profitable d’avoir l’occasion d’en discuter.

Autres exemples de collaboration avec enseignants/étudiants/autres services

Fort heureusement, d’autres expériences se sont révélées beaucoup plus profitables pour la BU.

Confier l’analyse d’un segment de collection à des étudiants de Master documentation
Daim vulgaire ou Tigre de l'amour / allenlebarge (CC BY-NC-ND), via Flickr

Daim vulgaire ou Tigre de l’amour / allenlebarge (CC BY-NC-ND), via Flickr

Lorsque j’étais responsable de ce fonds SV-STU, j’ai également répondu à l’appel du Master esDoc pour confier à un groupe de trois étudiants en M2 mes collections de biologie animale (zoologie, si vous préférez). Je manquais de temps pour faire une analyse en profondeur du fonds, le désherber et le regarnir en cohérence avec les besoins de son public, quel qu’il soit. Les étudiants de Master se sont révélés très efficaces et ont en quelques mois mené une enquête auprès des étudiants, se sont entretenus avec des enseignants, ont fait une analyse du fonds et m’ont remis un rapport qui allait permettre de redynamiser ces collections un peu négligées.

Développer une appli pour la BU avec des étudiants en informatique

plan BU UP

De son côté Anne Guégan, adjointe au responsable de la BU et également responsable du fonds informatique, a confié à un groupe d’étudiant le développement d’une appli pour le site web. Ils ont créé « plan BU » qui permet de se repérer dans les rayons de la bibliothèque. Testez-le !
On peut chercher par mot-clé ou par menus déroulants. Tapez « volcans » ou « web » pour voir, vous saurez où trouver les livres sur ce thème à la BU Sciences de l’Université de Poitiers (ça vous fera une belle jambe, mais vous pourrez admirer l’outil).

[Edit du 26/09/16 : les collègues de Poitiers ont publié un billet qui détaille le projet BU Poitiers : Trouv’Tout livre. Elles vous apportent tous les éléments pour proposer ce service dans vos SCD. Foncez !]

Accueillir et/ou co-organiser un événement conçu par des enseignants

Anne a également travaillé avec les services informatiques et les enseignants du domaine pour accueillir depuis deux ans un challenge de programmation informatique qui fonctionne très bien.

 

D’autres collaborations ont pris de façon plus classique la forme de cours de recherche documentaire intégrés dans les maquettes.
[Edit 06/10/2016] Et je découvre qu’un autre projet en collaboration avec des étudiants a donné lieu dans mon ancienne BU à l’exposition d’un mur végétal.

Et vous, comment collaborez-vous avec les enseignants / exploitez-vous les étudiants au profit de la BU ?

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