De WinIBW à Sudoc2 : que retenir du « J’aime/j’aime pas dans WinIBW » ?

Like & Dislike Stamps 4 par Steel Wool, via Flikr (CC BY-NC-ND)

Like & Dislike Stamps 4 par Steel Wool (CC BY-NC-ND), via Flickr

Au mois de mars dernier, en plein travail sur le catalogage et la production de métadonnées dans le futur SGBm, j’ai sollicité le réseau de catalogueurs sur ce blog et via un message Sucat en posant une question simple :
qu’est-ce que vous aimez / n’aimez pas  dans l’outil actuel de catalogage WinIBW et qu’aimeriez-vous de plus dans un futur outil ?

J’avais regroupé les réponses au fur et à mesure dans un tableau mais je n’avais pas jusqu’à maintenant rédigé de synthèse des commentaires. C’est l’objet de ce nouveau billet.

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For English-speakers crazy enough to want to read these all-in-French posts : a little explanation in English about the context.

Sommaire :

  1. Entre le sondage et la synthèse, il s’est passé des trucs dans le réseau ?
  2. A quoi la synthèse va-t-elle servir maintenant ?
  3. Méthodologie
    1. Les contributions
    2. Le périmètre du sondage
    3. Le tableau synthétique
  4. Ce qui ressort des commentaires
    1. Plébiscite pour le réseau national et le travail collaboratif
    2. La qualité, un sujet qui fâche
    3. Pour le guide méthodologique, hip hip hip, hourra!
    4. WinIBW : moche, complexe, mais performant
    5. « MARC must die » ?
    6. Problèmes techniques et bug de la ligne 16 – une légende urbaine pour faire trembler les catalogueurs ?
  5. D’autres perspectives sur le catalogage

Je commence par un mea culpa :
on m’a réclamé cette synthèse du J’aime / J’aime pas à moult reprise, notamment à l’occasion des Journées Abes en mai, et je n’ai d’autre excuse que de n’avoir pas su dégager le temps nécessaire plus tôt.

Si la rédaction d’une synthèse détaillée a pris du retard, le tableau synthétique et les commentaires recensés sur ce blog n’ont cependant pas échappé à l’attention de l’Abes et ont alimenté les échanges durant le travail préparatoire au projet SGBm. Le sondage a rempli son office.

Alors un grand merci à tous ceux et celles qui ont pris le temps de répondre à ma demande pour partager leur point de vue et leurs idées!
Merci à ceux/celles qui ont fait passer le message autour d’eux/elles, voire qui ont sollicité leurs équipes pour apporter une réponse collective.
Merci à vous tous et toutes pour votre enthousiasme, votre soutien et vos nombreuses propositions. Elles sont parfois contradictoires, mais de fait représentatives de la richesse du réseau et de la diversité de ceux/celles qui le constituent.
Merci enfin à ceux/celles qui ont répondu même s’ils n’avaient rien à dire d’autre que « je suis d’accord » ou s’ils ne se sentaient pas assez à l’aise avec l’outil pour le critiquer!

La (ma) synthèse, maintenant !

1. Entre le sondage et la synthèse, il s’est passé des trucs dans le réseau ?

En vrac, ce qui est susceptible de rendre le paysage différent de ce qu’il était en mars dernier, au moment du sondage :

  • Dissociation du projet SGBm, avec d’un côté les fonctions « locales », et d’un autre le catalogue national (qu’on appelle encore « Sudoc2 ») ; ouverture du projet à une deuxième vague de site ; démarrage du travail des sites pilotes.
  • Augmentation de l’usage de Colodus et développement de ses fonctionnalités (pouvoir créer plusieurs formulaires, par exemple).
  • Des chantiers qualité sont régulièrement lancés pour améliorer les notices du Sudoc.
  • Coup de fouet pour les autorités, qui prennent une nouvelle dimension.
  • Intégration de la zone 0 de l’ISBD avec les champs 181/182.

On peut consulter le Fil Abes pour suivre toute l’actualité du réseau.

2. A quoi la synthèse va-t-elle servir maintenant?

  • Pour les catalogueurs, coordinateurs, correspondants, c’est l’occasion de constater qu’ils ne sont pas seuls à buter par moment, et l’occasion peut-être d’entrevoir des solutions à leurs problèmes.
  • Les dialogues compétitifs pour le SGBm et celui pour le successeur de WinIBW ayant été dissociés, j’espère que les contributions et la synthèse permettront d’alimenter la réflexion pour le projet « Sudoc2 ».
    Pour les nouvelles fraîches, voir l’article du dernier Arabesques, n°76, pp. 24-25, intitulé « Sudoc II. Année 0 ».
  • La synthèse peut également être utile aux sites pilotes qui vont étudier et tester les produits proposés par les candidats au dialogue compétitif dans le cadre du projet SGBm.
  • Enfin, ce sondage informel pourrait être vu comme un brouillon pour une enquête plus méthodique, qui sait?

3 .Méthodologie

Je ne peux affirmer que cette enquête tient la route scientifiquement, ni que ma synthèse est la seule lecture possible.
L’enquête menée en mars 2014 a été proposée sur ce blog et via la liste Sucat aux membres du réseau Sudoc. La méthode est donc déclarative, basée sur le volontariat.

A. Les contributions
Interview, by Eelco (CC BY-NC), via Flickr

Interview, by Eelco (CC BY-NC), via Flickr

Les contributions ont été recueillies soient sous forme de commentaire sous le billet de blog initial, soit sous forme de message par retour de mail après ma proposition dans Sucat. J’ai intégré ces messages Sucat aux commentaires du blog, en les anonymisant. Tout y est consultable, donc.

J’ai recueilli entre le 24 mars et le 4 avril 2014 : 15 commentaires directement sur le blog + 31 par mail en réponse à mon message Sucat.
Les réponses sont parfois le fruit d’une réflexion collective au sein d’équipes de catalogueurs.
On peut estimer qu’une bonne cinquantaine de catalogueurs (sur plus de 3000, dont un peu plus de 2000 abonnés à Sucat) ont répondu à cette enquête.

Je ne connais pas la typologie exacte des répondants, je ne peux dire pour tous s’ils sont principalement constitués de catalogueurs expérimentés ou de novices, si les personnes travaillent dans une grosse BU ou une petite école d’ingénieur, s’ils sont parisiens ou provinciaux, s’ils utilisent fréquemment telle ou telle application en plus de WinIBW, etc.
A lire les commentaires, j’ai néanmoins l’impression que nous avons un échantillon assez représentatif de l’ensemble des catalogueurs.

B. Le périmètre du sondage

Notons que si l’intitulé ciblait WinIBW, il est entendu ici par moi, comme manifestement par la majorité de mes collègues, comme « l’outil de catalogage du réseau ».
Les remarques dépassent donc largement la seule interface de catalogage WinIBW et portent également sur CBS, le Sudoc, Colodus, Star, diverses applications et webservices.

C. Le tableau synthétique

Dans le tableau synthétique, j’ai choisi de façon subjective là encore de trier les remarques par « grandes catégories » :

  • Travail en réseau
  • Environnement
  • Ergonomie
  • Normes et formats
  • Synchronisation
  • Fonctionnalités
  • Autorités
  • Manuels, aide
  • Types de documents

J’aurais pu procéder différemment, par exemple en terme d’action : Recherche / Saisie / Aide… Mais bon, il faudra faire avec ça pour le moment.
A noter par ailleurs qu’il était difficile d’intégrer dans le tableau synthétique les commentaires du type « je suis d’accord avec vos propositions ». Je ne les ai généralement pas comptabilisés et n’ai intégré que les propositions détaillées.
C’est aussi pour cela que les commentaires sont accessibles à tous. Vous pouvez en faire votre propre lecture et en tirer vos propres conclusions.

Arbre à souhaits, par Yohann Legrand, via Flikr (CC BY-SA)

Arbre à souhaits, par Yohann Legrand (CC BY-SA), via Flickr

4. Ce qui ressort des commentaires

Le nombre de commentaires par item va de 1 à 15 (à la louche). Je vais focaliser en priorité sur les items qui ont recueillis le plus de commentaires spontanés.

A. Plébiscite pour le réseau national et le travail collaboratif
Weaver ant nest making crew, par Troup Dresser (CC BY-NC), via Flickr

Weaver ant nest making crew, par Troup Dresser (CC BY-NC), via Flickr

La première chose qu’on peut noter, c’est qu’il est arrivé près de deux fois plus de réponse au sondage par la liste de diffusion Sucat que par le blog, dont le billet avait été relayé sur divers réseaux sociaux.
En soi, rien d’étonnant à ce que les catalogueurs lisent les messages Sucat plutôt que mon blog, mais le choix était laissé de répondre par mail ou sur le blog (avec possibilité de le faire de manière anonyme, donc), et la majorité des personnes ont choisi de me répondre par mail. Ce qui me fait dire que la liste de diffusion reste très importante dans la vie du réseau et que les catalogueurs sont très attachés à ce lieu d’échange que le monde entier nous envie.

De nombreux commentaires positifs concernent l’importance du travail collaboratif et des échanges dans le réseau.
Ils en reconnaissent les limites : notices souvent incomplètes ou comportant des erreurs, surabondance de messages dans Sucat ou Corcat et manque de discernement dans les demandes, inertie des correspondants catalogage.

Étant donné l’augmentation constante du nombre d’utilisateurs (intégrations régulières de nouveaux établissements au réseau), il me semble indispensable de se pencher sur une rénovation des lieux d’échanges entre catalogueurs et du traitement des demandes entre établissements, pour en améliorer l’efficacité. Je fais partie de ces personnes qui ont un peu jeté l’éponge devant les demandes de vérifications : si on n’est pas dispo chaque jour pour traiter les messages, on est vite noyé, et on ne s’y retrouve plus dans les multiples échanges.
Je rêve d’un système différent, par exemple sous forme de « tickets de vérification » liés à une notice ou un groupe de notices. Chaque ILN ou RCR pourrait recevoir quotidiennement une « liste des vérifications à traiter » .

Exemple 1 avec un bricolage basé sur le tableau de bord Alma (Ex Libris) :
SGBM_Alma_tasks_bricolage
Exemple 2 avec un autre bricolage inspiré du tableau de bord LibrisXL :

Libris_dashboard_bricolage2

En fait, le principe d’ABESstp, créé pour désengorger les listes et faciliter le traitement des demandes entre établissements et Abes, pourrait-il être étendu aux traitements de demandes entre établissements?
[Edit 18/11/14 : une collègue du réseau suggère des mini-Sucat thématiques pour le traitement des documents spécifiques, je trouve que c’est plutôt une bonne idée !]

Au-delà de ces limites, les catalogueurs aiment participer à un effort national et bénéficier du travail d’autrui en France et à l’étranger, par le biais de la base d’appui et des bases externes. Plusieurs s’inquiètent d’un éventuel « retour en arrière » avec le SGBm, si le réseau venait à se scinder en plusieurs sous-réseaux, en mode pré-Sudoc.

Si on aime la visibilité immédiate du travail dans le Sudoc public, on grince en revanche des dents en attendant que les modifications retombent dans les systèmes locaux, où il faudra encore du travail pour compléter les données d’exemplaire. Cette redondance exaspère, et si certains se contentent de réclamer une meilleure synchronisation entre les systèmes, plusieurs personnes vont jusqu’à réclamer la disparition des systèmes locaux au profit du seul outil national.

Bref, le réseau, on l’aime, et pas question de le quitter.

B. La qualité, un sujet qui fâche

Plusieurs contributeurs déplorent le manque d’investissement ou le manque de formation d’une partie des catalogueurs. A lire d’autres commentaires, on sent que certains bénéficient d’un système en place bien rodé, avec des interlocuteurs identifiés sur lesquels s’appuyer, alors que d’autres semblent lâchés dans la nature sans savoir à quel saint se vouer.
Ce qui nous rappelle à quel point le réseau n’est pas une masse homogène de catalogueurs interchangeables mais un patchwork de profils et d’établissements d’une grande diversité. On ne catalogue pas de la même manière dans une grosse université à « pool » de catalogueurs et dans un ESPE isolé au fin-fond de la campagne.
L’outil doit permettre à chacun de travailler à hauteur de ses moyens, du temps et des compétences dont il dispose.

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Control! par Faramarz Hashemi (CC BY), via Flickr

Certains réclament plus de contrôles automatiques sur la qualité des notices : meilleur repérage des doublons (Texte imprimé et multimédia, notices globales et multi-volumes), cohérence des données répétés dans plusieurs champs (dates, langue, pays d’édition…), contrôles sur les autorités (complétude d’une notice congrès, validité d’une construction Rameau…).
On souhaiterait aussi plus de zones sous autorité, par exemples pour les éditeurs. On ne rend pas un bon service lorsqu’on n’est pas capable d’harmoniser les noms de maison d’édition. Il faudrait pouvoir gérer un éditeur comme une autorité collectivité, avec sa forme retenue et ses renvois qui autorisent une recherche sous différentes formes.
Un exemple typique : les Presses Universitaires de France ou P.U.F. ou PUF. La norme préconise pour les sigles, s’il y a risque d’ambiguïté, de les retranscrire sous leur forme développée. Reste à juger de ce risque pour PUF, ce qui laisse un peu de latitude aux catalogueurs.
Hors de question quoi qu’il en soit d’attendre de nos usagers qu’ils connaissent la norme Afnor Z 44-050 pour faire leurs recherches, il faut qu’il puisse trouver un document quelle que soit la manière dont ils le cherchent. Le principe des autorités avec forme retenue et formes rejetées rend possible cette souplesse.
Pour le livre ancien, mettre les villes sous autorité serait également un plus.
Pour améliorer l’affichage des résultats aux usagers, l’implémentation des FRBR a été à plusieurs reprises réclamée.

A noter qu’en dehors des contrôles automatiques déjà existant dans le système (on ne peut pas valider une notice si elle ne respecte pas certaines exigences), certains contrôles peuvent être activés (script de contrôle de construction Rameau, l’e-PPNator de Pierre Marige, le CheckSudoc d’Yves Tomic – vous en connaissez d’autres?).
Mais cela demande évidemment :
1) de les connaître ;
2) de prendre le temps de les utiliser.
Ce qui exclut en général ceux qui en auraient le plus besoin, à savoir les débutants qui pataugent déjà dans WinIBW.
Le contrôle qualité, dans beaucoup d’établissement, relève des missions du correspondant catalogage et/ou du coordinateur Sudoc, et ce sont eux qui peuvent être les vrais utilisateurs de ces outils de contrôle.

Nous pourrions imaginer un système plus sévère de contrôle humain des notices (en mode BnF?) ou moins de souplesse dans l’attribution des logins permettant la modification (en mode OCLC?).
Mais ça n’est pas sur ces principes que s’est bâti le réseau Sudoc : les compétences des catalogueurs s’enrichissent de leurs expériences, des échanges qu’ils ont entre eux via les listes de diffusion, et, oui, ils apprennent aussi de leurs erreurs pour acquérir une plus grande expertise. Par ailleurs, les établissements adhèrent au réseau notamment parce qu’on les laisse libre d’organiser le catalogage chez eux en fonction de leurs besoins et de leurs capacités. Confiance et respect du travail d’autrui sont les maîtres mots.

Il n’est cependant pas inutile de rappeler, encore et toujours, aux catalogueurs comme à leurs encadrants, que la richesse et la qualité de nos données font notre force et sont essentielles, aujourd’hui encore plus qu’hier, et demain encore plus qu’aujourd’hui pour rendre le meilleur service possible aux usagers.
On peut automatiser un certain nombre de processus, c’est ce que permet le hub de métadonnées, mais ça ne fonctionne que jusqu’à un certain point. Des arbitrages et des interventions humaines restent nécessaires.
Pour des actions simples de type rechercher/localiser, une formation de base suffit (mais elle reste indispensable). Dès qu’il s’agit de toucher aux données bibliographiques, il faut pour assurer le travail des techniciens solidement formés et impliqués.

C. Pour le guide méthodologique, hip hip hip, hourra!
Help, by Patrick (CC BY-NC-SA), via Flickr)

Help, by Patrick (CC BY-NC-SA), via Flickr

Le guide méthodologique a été évoqué par de très nombreux catalogueurs, il est évident qu’il tient une place très importante dans les pratiques. En général les contributeurs louent son existence, l’accès facile par la touche F1 et le mode contextuel.
On regrette en revanche qu’il soit si aisé de s’y perdre et que son moteur de recherche interne fonctionne mal.
Les contributeurs suggèrent en grande majorité un enrichissement du guide, avec notamment des exemples systématiques pour chaque champs Unimarc.
Le guide méthodologique semble servir en priorité comme source pour l’application des normes et le respect des formats.

Parmi les diverses propositions relevant de l’assistance au catalogueur, on peut noter une demande d’aide spécifique pour le catalogage du livre ancien, ou un système d’info-bulle par glissement de la souris sur les champs. L’existence de scripts proposés par le système est souvent citée comme point positif.
Les J.e-cours ont été cités, bien qu’ils ne soient pas directement l’objet du sondage. Une enquête spécifique avait montré que ce dispositif était plutôt bien accueilli par le réseau.

En ce qui concerne le futur outil de catalogage, un soin tout particulier devra être accordé aux dispositifs d’aide en ligne, aide contextuelle, manuels, et aux possibilités de formation initiale et continue des utilisateurs.
Ça va de soi, sans doute, mais ça ne mange pas de pain de le rappeler.

D. WinIBW : moche, complexe, mais performant

On notera qu’à peu près autant de personnes réclament une simplification de l’outil que de personnes qui en apprécient la sophistication.
D’un côté, ceux qui voudraient cataloguer de manière la plus mécanique possible, de l’autre ceux qui aiment qu’on puisse voir et comprendre tous les rouages du logiciel, et être au moins en partie autonome dans son utilisation. Entre les deux, ceux qui souhaiteraient pouvoir effectuer des recherches plus complexes, éditer leurs propres scripts, mais qui se découragent devant la difficulté que cela pose.
WinIBW n’est pas un outil facile à prendre en main. Ce n’est pas le genre d’outil dans lequel on peut jeter des novices avec une formation a minima, au risque qu’ils ne passent moins de temps à localiser/cataloguer qu’à chercher comment le faire.

On se plaint des fenêtres qui se superposent sans qu’on arrive à s’y retrouver. Une idée serait de fonctionner par onglets plutôt que par fenêtres.
A améliorer également : la gestion des caractères spéciaux, diacritiques, symboles…
Le manque de clarté des messages d’erreur pose aussi problème. Le système dit que la notice qu’on a rédigée pose problème, mais on est parfois incapable de comprendre ce qui cloche.
Les catalogueurs qui travaillent pour plusieurs bibliothèques (et donc plusieurs RCR) ainsi que les coordinateurs qui doivent jongler entre de multiples RCR souhaiterait que cet aspect de leur travail soit simplifié. Pouvoir identifier plus clairement le RCR sous lequel on est loggé, passer plus facilement de l’un à l’autre…
Une solution pourrait être de n’avoir qu’un identifiant, avec une série de RCR qui lui seraient affectés, et de sélectionner dans un second temps le RCR sur lequel on veut travailler?
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Certains commentaires mettent en évidence une méconnaissance du logiciel par de nombreux catalogueurs. Des souhaits sont émis pour des fonctionnalités qui existent déjà, des difficultés signalées pourraient aujourd’hui être réglées par une formation plus poussée des catalogueurs.
Le sondage a été aussi l’occasion de rappeler en réponse aux commentaires l’existence d’astuces qui pourraient faciliter le travail de nombreux professionnels.
Je vais reproduire ces astuces dans un prochain billet.
Notez que dans le guide méthodologique, dans la partie « Manuels », on trouve une rubrique fort pratique : Astuces de Winnie’s mamma et que des tutoriels apportent d’autres astuces sur la base de formation de l’Abes.

WinIBW est perçu comme vieillot au regard de ce qu’on connaît maintenant par ailleurs, ne serait-ce qu’en comparaison avec les interfaces développées ces dernières années : Star, IdRef, Colodus…

On veut un outil full Web accessible depuis n’importe quel poste, qui ne demande pas d’installation spécifique et qui ne soit pas lié à l’environnement Windows. On veut une interface ergonomique, attractive, et des intitulés de champs en langage courant.

Mais pas exclusivement. Pour ceux qui en connaissent les moindres recoins, les « experts » du réseau, WinIBW est aussi un logiciel riche et puissant qui offre de nombreuses possibilités auxquels ils sont très attachés : possibilité de développer ses propres scripts, de faire des téléchargements de notices et de zones spécifiques, de faire des recherches complexes sur de nombreux index.
On veut aussi pouvoir comprendre ce qu’on fait pour effectuer les meilleurs choix, pouvoir exploiter sans intermédiaire son catalogue, ses notices, tous les index et champs. On veut être autonome dans son utilisation de l’outil collectif national.

E. « Marc must die »?

A bas Unimarc! Vive Unimarc! Égalité, la balle au centre.
Autant de catalogueurs réclament une interface en langage naturel (eg une case à remplir intitulée Titre) que de catalogueurs qui s’estiment satisfaits de maîtriser le code et pouvoir saisir des 200 et des $.
Là encore, on a d’un côté ceux qui voient comme une perte de temps de devoir apprendre le format Unimarc, de l’autre ceux pour lesquels la maîtrise du format permet une plus grande complétude des notices.
Là où tout le monde s’accorde, c’est pour louer la possibilité de changer d’affichage (Unimarc, usager, ISBD…) et pour déplorer que la construction des champs Unimarc défie le bon sens, par exemple lorsqu’une construction implique d’inverser des sous-champs (eg pour une note de thèse, devoir mettre le $e avant le $d -> 328 #0$bMention du travail universitaire et nature du diplôme$cDiscipline$eÉtablissement de soutenance$dAnnée de soutenance).

Les deux écoles me paraissent légitimes, quel que soit l’avenir que l’on réserve aux formats MARC, et devraient pouvoir cohabiter dans un même environnement.
J’en conclus que le futur outil de catalogage devrait offrir les deux possibilités :

  • une interface simple pour les catalogueurs qui ont des tâches basiques à réaliser ;
  • une interface qui permet de toucher au code et des personnalisations possibles pour les experts.

A ce titre, je trouve que Colodus est un bon exemple. Une interface simple pour un usage courant, avec la possibilité de visualiser la notice en Unimarc pour que les plus experts puissent vérifier le bon enchaînement des zones et sous-zones, et la possibilité de se créer des formulaires pré-remplis. Pas d’intervention possible ici en Unimarc, mais Colodus n’a pas vocation à permettre la modification de notice, c’est donc logique.

En cherchant à nous éloigner de ce qu’est WinIBW aujourd’hui, méfions-nous cependant de ne pas tomber dans l’excès inverse avec des interfaces un peu gadget qui feraient au final perdre en efficacité. L’emploi de groupes de catalogueurs-testeurs pourrait largement aider à éviter cet écueil.

F. Problèmes techniques et bug de la ligne 16 -une légende urbaine pour faire trembler les catalogueurs?

yaourtsLes commentaires évoquent les déconnexions intempestives qui peuvent survenir à tout moment, notamment lorsqu’on vient de passer près d’1h à rédiger la notice d’un document complexe. A noter qu’en formation, on encourage toujours les stagiaires à valider leur nouvelle notice le plus rapidement possible et à la compléter dans un second temps, justement pour éviter la frustration de voir son travail disparaître. Dans le genre, quand le système rame, les « bonhommes qui se parlent dans un pot à yaourt » en agacent plus d’un.
Plusieurs personnes réclament aussi la possibilité de mettre le travail en pause. A noter là aussi que cette possibilité existe, elle consiste à mettre sa notice en statut provisoire y. Reste à se rappeler de la passer en x quand on en a terminé.

I hate PC's, by Bryan Buchman (CC BY-NC-ND), via Flickr

I hate PC’s, by Bryan Buchman (CC BY-NC-ND), via Flickr

Mais pour beaucoup, le pire c’est le bug de la ligne 16.
Les premières fois que j’ai évoqué ce bug auprès de personnes à l’Abes, j’ai senti que mes interlocuteurs me pensaient moitié mytho. Mais vu le nombre de catalogueurs qui l’évoquent, on peut affirmer que ce n’est pas qu’une légende urbaine.

Pour ceux qui ont échappé à la malédiction du bug de la ligne 16, une courte explication :
dans une notice bibliographique, mettons qu’on veuille faire un lien vers un mot Rameau en 606 (indexation matière). On surligne un début de mot, par exemple $aEaux et on tape F9 pour que le système nous propose les mots-clés correspondant à Eau, Eaux–Analyse, ou Eaux–Epuration–Elimination du plomb, ou…
Mettons que dans la liste de genre 153 propositions, ce soit la 25ème qui me convienne, genre Eaux–Droit européen. Je sélectionne cette 25ème ligne, je tape F11, le lien se fait automatiquement dans mon champs 606. Je valide ma notice, et là je m’aperçois que ce n’est pas du tout Eaux–Droit européen qui apparaît mais genre Eaux–Bactériologie. Si je retourne voir ma liste de proposition, ça ne rate pas, il m’a fait le lien sur la 16ème notice et pas sur la 25ème.
La solution pour les catalogueurs atteints du bug de la ligne 16 : avant de faire le lien par F9, j’ouvre la notice du mot-matière. Si ce n’est pas la bonne, je reviens en arrière et je recommence. La deuxième fois ça marche.

Ce bug n’existe pas sur tous les postes. Ce bug ne se déclenche pas systématiquement. Ce bug est un mystère. Les catalogueurs atteints du bug de la ligne 16 s’arrachent régulièrement les cheveux en cataloguant. Vous qui êtes épargnés, tremblez : le  bug de la ligne 16 vous guette.

Et l’Abes ne peut pas le réparer. Mais propose le tutoriel « Eviter le bug de la 16ème notice » pour le gérer au mieux!

Pour les inconvénients techniques et les bugs, honnêtement, on ne peut qu’espérer qu’ils soient le moins nombreux possibles dans les outils qu’on utilise, mais aucun système n’est infaillible…

On peut trouver de nombreuses autres idées dans le tableau ou dans les commentaires des catalogueurs eux-mêmes, n’hésitez pas à y jeter un oeil.

5. D’autres perspectives sur le catalogage

Et si vous avez des choses à ajouter, si vous voulez exprimer accord ou désaccord, les commentaires sont à vous!

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10 réactions sur “De WinIBW à Sudoc2 : que retenir du « J’aime/j’aime pas dans WinIBW » ?

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  4. Message Sucat de Françoise B. :
    J’avoue avoir zappé votre message de mars. Les divers commentaires que je viens de lire et votre synthèse reprennent bien ce que je pense.
    Une chose en plus cependant : pour les collègues qui cataloguent des documents « particuliers » ( le terme n’est pas très beau, je sais) comme les cartes par exemple, il serait bon d’avoir un « little Sucat /carto ». Nous sommes submergés par les messages et du coup souvent, hésitante sur le cata. de ces doc. là, je suis gênée d’envoyer un message à SUCAT alors que je sais très bien que peu de collègues connaîtront suffisamment la norme pour pouvoir me répondre.

    J'aime

    • merci pour votre message ! Ca me paraît une excellente idée d’envisager des déclinaisons de Sucat par thématique! Les personnes qui travaillent sur des fonds particuliers s’y retrouveraient sans doute plus facilement. Moi-même je traite les DVD de la BU et je me sens parfois seule. 🙂

      J'aime

  5. Chapeau pour cette synthèse, qui reflète bien l’ensemble des questions et des agacements mais aussi de nos petites joies de catalogueurs, experts ou néophytes !

    Ah, ce *$€`!#@ de bug de la ligne 16 ! Qu’est-ce que j’ai pu m’énerver avec ça 😉

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